En résumé : l'entretien annuel de la chaudière est à la charge du locataire, en vertu de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 et du décret n° 87-712 du 26 août 1987. Le propriétaire paie les réparations et le remplacement. L'attestation d'entretien se conserve 2 ans.
Cette page détaille la répartition poste par poste, les cas du chauffe-eau et de la location saisonnière, et les recours en cas de défaut d'entretien. Chez Raynier Entreprise, fondée en 1987 à Carcassonne, nous accompagnons particuliers et bailleurs sociaux (Habitat Audois, Domitia Habitat). Pour un parc locatif, l'entretien des chaudières se planifie en campagne annuelle plutôt qu'au coup par coup.
Dans ce guide, nos techniciens Professionnel du Gaz détaillent la règle de droit, la répartition exacte des coûts, les clauses de bail à connaître, et les bons réflexes en cas de panne. Si vous cherchez d'abord à comprendre l'obligation légale d'entretien chaudière gaz et les tarifs pratiqués dans l'Aude, notre article dédié vous donne toutes les bases.
La règle générale : qui paie en location ?
En location vide ou meublée, la règle est sans ambiguïté : c'est le locataire qui prend en charge l'entretien annuel obligatoire de la chaudière. Cette obligation combine deux textes complémentaires : l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui met l'entretien courant à la charge du locataire, et le décret n° 87-712 du 26 août 1987, qui détaille dans son annexe la liste des réparations locatives concernées.
Cette obligation légale d'entretien annuel, prévue par le décret n° 2009-649 du 9 juin 2009 pour les chaudières de 4 à 400 kW, se traduit concrètement par plusieurs démarches à la charge du locataire :
- Prend rendez-vous chaque année avec un professionnel qualifié (Professionnel du Gaz ou QUALIBAT RGE).
- Paie la facture d'entretien (100 à 180 € TTC en visite simple, 130 à 250 € en contrat annuel).
- Conserve l'attestation d'entretien, remise sous 15 jours, à produire en cas de sinistre ou à la sortie des lieux.
Le propriétaire bailleur reste responsable de la conformité de l'installation et des réparations dites « non récupérables » : pannes graves, remplacement de la chaudière vétuste, mise aux normes, grosses pièces (corps de chauffe, échangeur, vase d'expansion).
Ce que dit précisément le décret n° 87-712 du 26 août 1987
L'annexe du décret du 26 août 1987 dresse la liste limitative des réparations locatives. Deux points concernent directement le chauffage et l'eau chaude.
Le point IV.d cite, sur le chauffage et l'eau chaude :
« Remplacement des bilames, pistons, membranes, boîtes à eau, allumage piézo-électrique, clapets et joints des appareils à gaz », ainsi que le rinçage et le nettoyage des corps de chauffe et tuyauteries.
Le point VI, sur les « autres équipements », ajoute :
« Entretien courant et menues réparations des appareils tels que réfrigérateurs, machines à laver le linge et la vaisselle, sèche-linge, hottes aspirantes, adoucisseurs, capteurs solaires, pompes à chaleur, appareils de conditionnement d'air [...] »
Autrement dit, le législateur considère que l'entretien annuel relève du maintien en bon état d'usage, donc à la charge du locataire qui bénéficie de la jouissance du logement. À l'inverse, la vétusté et les défauts structurels (chaudière qui ne tient plus la pression, corps de chauffe percé, mise aux normes gaz) restent à la charge du propriétaire, qui doit délivrer un logement décent en application de l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989. Texte complet de l'annexe sur Légifrance.
Répartition précise des coûts (qui paie quoi)
Voici la répartition pratique observée dans nos interventions dans l'Aude :
| Intervention | À la charge de | Coût indicatif 2026 |
|---|---|---|
| Entretien annuel obligatoire (visite simple) | Locataire | 100 à 180 € TTC |
| Contrat d'entretien annuel | Locataire | 130 à 250 € TTC / an |
| Pièces d'usure (joints, électrodes, sondes, bilames) | Locataire | 30 à 150 € TTC |
| Détartrage / désembouage du circuit | Locataire (entretien courant) | 250 à 600 € TTC |
| Réparation suite à défaut d'entretien | Locataire | Variable |
| Réparation par vétusté | Propriétaire | 200 à 1 200 € TTC |
| Remplacement de la chaudière | Propriétaire | 2 500 à 6 000 € TTC |
| Chauffe-eau individuel (entretien courant) | Locataire | Voir le H2 dédié ci-dessous |
| Chaudière collective (immeuble) | Syndicat des copropriétaires | Répercuté en charges locatives |
Base légale : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (articles 6 et 7) et décret n° 87-712 du 26 août 1987 pour la répartition ; décret n° 2009-649 du 9 juin 2009 pour l'obligation annuelle des chaudières de 4 à 400 kW. TVA à 10 % sur l'entretien et la réparation (détail plus bas).
Le principe directeur : le maintien en état d'usage revient au locataire, la vétusté et le remplacement au propriétaire. En cas de doute, notre service chauffage remet un compte rendu écrit qui précise la cause de la panne, utile pour répartir les coûts.
Chauffe-eau et ballon d'eau chaude : la même règle s'applique-t-elle ?
Oui, dans les grandes lignes. Le chauffe-eau électrique n'a aucune obligation légale d'entretien annuel, contrairement à la chaudière. Son entretien courant reste une charge locative (décret n° 87-712) : purge du groupe de sécurité, rinçage du corps de chauffe. Le détartrage avec dépose de la résistance, plus lourd, revient au propriétaire selon la jurisprudence.
Pour un chauffe-eau gaz ou une chaudière mixte, le décret n° 2009-649 s'applique dès 4 kW de puissance : l'entretien annuel devient obligatoire, à la charge du locataire. Pour un chauffe-bain instantané de faible puissance, demandez à votre chauffagiste de préciser le cas sur le devis.
Le ballon thermodynamique, cité dans l'annexe du décret n° 87-712 aux côtés des pompes à chaleur, suit la même règle : entretien courant au locataire, remplacement par vétusté au propriétaire. Pour une pompe à chaleur en chauffage principal, voir notre article entretien obligatoire de la pompe à chaleur.
Le bail peut-il modifier cette règle ?
Une clause du bail ne peut pas reporter sur le locataire des réparations qui relèvent normalement du propriétaire : ces clauses sont réputées non écrites (article 4 de la loi du 6 juillet 1989). Une mention comme « le locataire prendra en charge le remplacement de la chaudière en cas de panne » est juridiquement nulle.
En revanche, le bail peut préciser les modalités de l'entretien : prestataire imposé (copropriétés avec contrat collectif), périodicité au-delà du minimum légal, ou inclusion du coût dans les charges. Une clause fréquente et valable : « Le locataire s'engage à faire procéder annuellement à l'entretien de la chaudière et à remettre copie de l'attestation au propriétaire. »
Astuce pour les bailleurs : insérez dans le bail une clause demandant la copie de l'attestation d'entretien chaque année. Cela vous protège en cas de sinistre et garantit la conformité du logement, notamment si vous gérez plusieurs biens dans l'Aude. Les propriétaires qui gèrent un parc locatif via une agence trouveront plus de détails sur notre page plombier gestion locative à Carcassonne.
Bail meublé ou location saisonnière : qui paie l'entretien ?
En location meublée classique (bail d'habitation principale, meublé ou nu), la répartition ne change pas : locataire pour l'entretien annuel, propriétaire pour les réparations et le remplacement. La loi du 6 juillet 1989 s'applique aux deux types de bail.
La location saisonnière change la donne : ce type de contrat (vacances, meublé touristique de moins de 90 jours type Airbnb) ne relève pas de la loi du 6 juillet 1989. Dans ces conditions, l'usage est que le propriétaire prenne en charge l'entretien, son coût étant répercuté dans le tarif de la location. Un bailleur qui alterne les deux types de location a intérêt à garder un contrat d'entretien à son nom, pour éviter toute contestation sur l'attestation.
Que faire si le locataire n'entretient pas la chaudière ?
Le propriétaire ne peut ni couper le chauffage ni entrer de force dans le logement. Il dispose cependant de plusieurs leviers.
Pendant le bail : une mise en demeure envoyée en recommandé rappelle l'obligation contractuelle. Si le bail prévoit une clause résolutoire à cet effet, un défaut d'entretien persistant peut, en théorie, être invoqué devant le juge, mais ce motif est rarement mobilisé seul.
Sur l'assurance : en cas de sinistre (incendie, intoxication au monoxyde de carbone, dégât des eaux), l'assureur du locataire comme celui du propriétaire demande l'attestation d'entretien. Sans document valide, l'indemnisation peut être refusée ou réduite, quelle que soit la cause de la panne.
À la sortie des lieux : si l'entretien n'a pas été fait, le propriétaire peut retenir sur le dépôt de garantie le coût d'une visite de mise en conformité, sur présentation d'un devis ou d'une facture.
En cas de panne ou de sinistre : qui appelle, qui paie ?
Le réflexe à connaître : en cas de panne, c'est le locataire qui contacte le chauffagiste, même si la cause finale s'avère relever du propriétaire. Cette règle évite les pertes de temps et préserve la sécurité du logement.
La marche à suivre lors d'un dépannage de chaudière à Carcassonne :
- Le locataire appelle le chauffagiste (Raynier Entreprise, 04 68 25 45 68) et décrit les symptômes.
- Diagnostic sur place : le technicien identifie la cause (panne d'usage, vétusté, défaut d'entretien).
- Compte rendu écrit : ce document précise si la cause est imputable à l'entretien (locataire) ou à la vétusté (propriétaire).
- Répartition de la facture : le locataire avance le paiement, remboursé par le propriétaire si la cause est la vétusté. En cas de défaut d'entretien, il reste seul redevable.
En cas de sinistre grave (incendie, intoxication au monoxyde de carbone, dégât des eaux), l'attestation d'entretien devient cruciale. L'assureur du locataire (multirisque habitation) et celui du propriétaire (assurance propriétaire non occupant) examineront systématiquement ce document. Sans attestation valide, l'indemnisation peut être refusée ou fortement réduite. Si la chaudière a provoqué une fuite d'eau sur le circuit de chauffage, l'absence d'entretien complique également la prise en charge. Les agences immobilières qui gèrent le sinistre pour le compte du propriétaire trouveront notre procédure dédiée : urgence fuite locataire agence immobilière à Carcassonne.
Cas particulier de la chaudière collective en copropriété
Pour les chaudières collectives (chaufferies d'immeuble), la logique change. L'entretien et les réparations sont à la charge du syndicat des copropriétaires, répartis au prorata des tantièmes. Le locataire paie sa quote-part via les charges récupérables de sa quittance.
Le locataire d'un appartement chauffé par une chaufferie collective n'a rien à faire : c'est le syndic qui mandate un chauffagiste (chez Raynier Entreprise, nous accompagnons les syndics de copropriété dans tout l'Aude). Seul un équipement individuel (chauffe-eau dans la salle de bains, par exemple) reste à la charge directe du locataire.
Que faire lors d'un changement de locataire ?
À la sortie des lieux, l'état des lieux de sortie doit mentionner l'état de la chaudière et la dernière attestation d'entretien en cours de validité. Plusieurs cas se présentent :
- L'entretien est à jour : aucun problème, le locataire restitue le logement conforme.
- L'entretien n'a pas été fait : le propriétaire est en droit de retenir sur le dépôt de garantie le coût d'une visite d'entretien (100 à 180 € TTC).
- L'entretien a été fait mais l'attestation est introuvable : le locataire peut demander un duplicata au chauffagiste qui est intervenu. Chez Raynier, nous conservons l'historique de toutes les attestations délivrées.
Pour le nouveau locataire, le propriétaire doit fournir la dernière attestation d'entretien à la signature du bail. Si l'entretien précédent date de mars, le nouveau locataire dispose d'environ un an avant la prochaine échéance.
Prix d'un entretien de chaudière en 2026
Une visite d'entretien simple coûte entre 100 et 180 € TTC dans l'Aude, hors contrat. Un contrat d'entretien annuel (visite programmée, dépannage et pièces d'usure selon la formule) revient plutôt entre 130 et 250 € TTC par an. Détail des tarifs sur nos pages entretien chaudière à Carcassonne et entretien chaudière dans l'Aude.
Le prix varie selon l'appareil : une chaudière à condensation coûte 10 à 20 % de plus. Une chaudière collective est facturée au syndicat des copropriétaires, puis répercutée en charges.
TVA : l'entretien et la réparation d'une chaudière individuelle, dans un logement de plus de 2 ans, sont soumis au taux réduit de 10 % (article 279-0 bis du CGI, BOFiP). Ce taux ne s'applique pas au remplacement d'une chaudière neuve au fioul ou au gaz : demandez au chauffagiste de préciser le taux sur le devis.
Questions fréquentes
Le propriétaire peut-il imposer un chauffagiste précis au locataire ?
Oui, si le propriétaire a souscrit un contrat d'entretien collectif pour plusieurs logements. Le locataire rembourse alors le coût de la visite via les charges. À défaut de clause, il est libre de choisir son chauffagiste, à condition qu'il soit qualifié (PG, QUALIBAT RGE).
Que se passe-t-il si la chaudière tombe en panne deux mois après mon emménagement ?
La question clé : l'attestation d'entretien était-elle à jour à l'entrée dans les lieux ? Si oui, et que la panne relève de la vétusté, c'est au propriétaire de payer. Si l'attestation manquait, la responsabilité peut être partagée. Conseil : faites réaliser un diagnostic d'entrée dans les premiers jours, le compte rendu sert de preuve.
Le locataire peut-il refuser de faire entretenir la chaudière ?
Non. L'entretien annuel est une obligation légale (décret n° 2009-649) et contractuelle (décret n° 87-712). Un refus expose le locataire à plusieurs risques : non-renouvellement du bail, refus d'indemnisation de l'assurance en cas de sinistre, retenue sur le dépôt de garantie à la sortie.
Que faire si le propriétaire refuse de remplacer une chaudière en fin de vie ?
Notre guide détaille qui paie le remplacement d'une chaudière en location. Le propriétaire a une obligation de délivrance d'un logement décent (loi du 6 juillet 1989, article 6) : une chaudière en fin de vie, non sécurisée ou non conforme aux normes gaz, peut rendre le logement indécent. Le locataire peut saisir la Commission Départementale de Conciliation ou, à défaut, le tribunal judiciaire. Conservez les preuves : devis, comptes rendus d'intervention, courriers recommandés.
Et pour une location meublée ou saisonnière ?
Les règles sont identiques en location meublée nue ou meublée longue durée. En revanche, pour une location saisonnière (courte durée, vacances), l'entretien reste à la charge du propriétaire car le décret de 1987 ne s'applique pas. C'est aussi le cas pour les locations Airbnb de moins de 90 jours. Le propriétaire doit faire entretenir la chaudière chaque année et conserver les attestations pour les contrôles de la mairie.
Faut-il entretenir une chaudière de moins d'un an ?
Oui. L'obligation d'entretien annuel s'applique dès la première année, quelle que soit l'ancienneté de l'appareil. Le décret n° 2009-649 ne prévoit aucune exemption pour une chaudière neuve. Beaucoup de fabricants conditionnent aussi la garantie constructeur à un entretien annuel prouvé par l'attestation, même durant la période de garantie.
Pour aller plus loin
- Entretien chaudière dans l'Aude : tarifs, contrat et obligation légale
- Entretien chaudière gaz : obligation légale, prix et conseils
- Contrat d'entretien chaudière : ce qui doit y figurer et les arnaques à éviter
- Chaudière en panne dans l'Aude : codes erreur, tarifs et délais d'urgence
- Panne de chaudière à Carcassonne : dépannage express
- Chauffagiste à Carcassonne : chaudière, PAC et entretien
- Service B2B Raynier : bailleurs sociaux, syndics, collectivités